Son premier ultra-trail démarre ce lundi à Courmayeur. Anaïs Duval, 30 ans, s’attaque à la TDS, une épreuve exigeante de l’UTMB. Un sacré défi pour cette Costarmoricaine devenue en quelques années une figure du trail breton. Son passé ? Une adolescence marquée par l’équitation, les fêtes et la cigarette.
Pourquoi le sport au lycée faisait baisser ses notes scolaires
Anaïs Duval ne garde pas un bon souvenir de ses années collège et lycée. Le sport, en cours, était une source de difficultés. Surtout l'athlétisme, qu'elle a vite abandonné au profit des après-midis au club hippique. Résultat : ses notes scolaires chutaient dès qu’il fallait courir ou sauter.
L’équitation, une passion dévorante avant les études
Sa véritable école, c’était le centre équestre. Son goût pour les chevaux a pris toute la place. Le classement se fait par niveau, pas par âge. Elle se retrouve donc avec des cavaliers majeurs, alors qu’elle est en cinquième. Cette immersion précoce a façonné son adolescence.
La jeune fille assume un tempérament « tout ou rien ». Une fois plongée dans le monde du cheval, le reste passe au second plan. Les devoirs, la préparation des concours scolaires, tout devient secondaire. La pratique sportive en club est intense, mais elle ne correspond pas aux attentes de l’école.
La vie intense d’une fêtarde et fumeuse précoce
Le rythme des sorties arrive tôt pour Anaïs. Les soirées commencent dès le collège, en compagnie de jeunes majeurs rencontrés au club. Elle fume dès la quatrième. Les nuits courtes et la cigarette deviennent une routine. Cette vie intense lui donne l’impression de vivre pleinement, mais elle éloigne des études.
Des sorties trop précoces qui ont pesé sur sa scolarité
Le goût de la fête a eu un impact direct sur son travail scolaire. Les matins difficiles, la fatigue, le manque de concentration. Avec le recul, elle estime que cette période a eu du bon. En avoir très vite assez lui a donné envie de changer de vie plus rapidement que les autres.
Elle reconnaît que la cigarette et les soirées n’étaient pas une bonne chose. Mais elle en a tiré une leçon : cette lassitude précoce l’a poussée vers d’autres horizons. L’éducation stricte de sa famille sportive contrastait avec ses choix, mais elle a trouvé sa propre voie.
Le déclic : de la cigarette à la course à pied
En 2017, Anaïs Duval obtient sa licence en droit et réussit le concours de greffier. Direction Dijon pour quelques mois de formation. C’est le moment charnière. Les problèmes de cordes vocales liés au tabac l’inquiètent. À 21 ans, elle décide d’arrêter de fumer.
Pour éviter de prendre du poids, elle se met à courir. Son frère la pousse à s’inscrire à une course. Elle participe au Trail de l’Odet à 22 ans. Partie au fond du peloton avec sa sœur, elle finit par les lâcher. L’ennui de la course l’a poussée à accélérer.
Une nouvelle passion, plus forte que l’équitation
« C’était trop cool », confie-t-elle avec le sourire. La solitude en pleine nature lui correspond parfaitement. Elle parle presque d’un coup de foudre. Pas de stress de concours, pas de préparation matérielle compliquée. Juste elle, ses baskets et la nature.
la course à pied est devenue une évidence. Elle organise sa vie autour de l’entraînement sans effort de motivation. Aucune souffrance pour démarrer, seulement du plaisir. Il a fallu ensuite apprendre à gérer l’intensité, un cap plus difficile à passer.
Un premier ultra-trail sur la TDS de l’UTMB
Ce lundi, Anaïs prendra le départ de la TDS, les Traces des Ducs de Savoie. Une épreuve de 145 kilomètres avec 9 500 mètres de dénivelé positif. Elle s’apprête à passer plus de 24 heures en course, avec des nuits qu’elle n’a jamais vécues en compétition.
Elle a effectué une reconnaissance du parcours en juillet avec Anne-Lise Le Quéré. Cette sortie a réveillé des sensations oubliées. Elle se réveillait impatiente, avec l’excitation des débuts. La performance quotidienne avait fini par devenir une habitude, une routine.
Se souvenir d’où l’on vient pour mieux avancer
Pour cette nouvelle aventure, elle veut rester fidèle à ses valeurs. Son plaisir de la course passe avant le classement. Sa philosophie : si elle peut marcher, tout va bien. Les petits démons de la compétition reviennent parfois, elle le sait. Elle compte bien se rappeler d’où elle est partie.
Anaïs Duval aborde son premier ultra avec un regard apaisé. Son passé de fêtarde et de fumeuse semble loin. Pourtant, il a construit sa détermination actuelle. Ses parents, dit-elle en riant, préfèrent la voir maintenant sur une ligne de départ qu’à l’époque de l’équitation de nuit.
Les étapes clés de sa transformation
- 🏇 Une adolescence dédiée à l’équitation, souvent au détriment du scolaire
- 🚬 La cigarette découverte en quatrième, avec de premières sorties précoces
- 🎓 Un concours de greffier réussi en 2017, qui a servi de déclic
- 🏃 Un premier trail à 22 ans, le Trail de l’Odet, vécu comme un coup de foudre
- ⛰️ Une qualification pour la TDS de l’UTMB, son premier ultra-trail en 2026
Le chemin parcouru est immense. De l’adolescence compliquée à la consécration en trail, Anaïs Duval s’est construite par ruptures. Elle a su transformer ses excès en force. Sa vision de la vie est simple : continuer à avancer, marcher s’il le faut, et ne jamais oublier le plaisir de courir.

Lucas suit les clubs, les concours et les usages équestres avec un œil de terrain. Il aime transformer une question de cavalier en guide clair, sans jargon ni posture.